Elle est la présentatrice de talk show, le régisseur qui change le micro et remet le tabouret en place, la comique de stand up qui boit de l’eau quand sa blague récupère les derniers rires du public, elle est aussi le jingle sonore et le bout de ses doigts deviennent parfois des caméras. Elle passe d’un genre à l’autre, rejoue ses personnages-images en les adaptant à son corps, en les mettant à son échelle. Elle fait semblant mais c’est très sérieux, ses blagues c’est pas des blagues. Comme Céline Ahond, elle « joue à faire semblant pour de vrai ». Elle veut être une spectatrice active alors elle rejoue pour chercher les points d’ombres et lignes de fuite. Elle « re-enacte », elle traduit alors elle trahit, s’appuie sur des dispositifs pour scripter à nouveau ce qui s’est joué ailleurs. Ninon Goutelle produit des performances, des éditions et des vidéos, souvent elle utilise des prompteurs qui parlent à sa place. Elle se demande encore si un prompteur ça parle ou ça écrit. Venant de la scénographie, elle accompagne ses personnages issus de la télévision, de la scène, de son ordinateur dans les espaces d’expositions. Elle cherche avec eux les gestes imperceptibles qui font spectacle et qui amorcent le sourire d’un public. Ces moments infra-ordinaires qui se sont installés dans notre palais mental et qui fabriquent ces mini mondes. Des mini mondes qui se jouent sur les plateaux télé et bien dans le cadre.